Situation
et hydrographie des environs
Le Château du Quesnoy
Les fortifications de la ville avant Charles Quint
Construction des fortifications modernes par Charles
Quint
Les
fortifications sous le Régime français
Les Déclassements de la Place
Situation
et hydrographie des environs
Avant
de parler des fortifications du Quesnoy, il est nécessaire de
donner quelques précisions sur la situation de la ville et surtout
de signaler l'hydrographie de ses abords qui a joué un
rôle non négligeable dans la défense.
La ville du Quesnoy repose sur des terrains tertiaires (éocène)
caractérisés par des bancs de sables renfermant des blocs
de grès connus en géologie sous le nom de sables et grès du QuesnoyLes fortifications du Quesnoy sont uniquement construites en briques, avec soubassements, ancrages et cordons en grés. Ces grés étaient extraits autour de la Place.. Une mince couche de terrain quaternaire
les surmonte.
Le Quesnoy est bâti sur une lègère éminence
dont le point culminant est à la côte 130 et supporte le
beffroi.
A deux kilomètres au Nord de la ville, coule un affluent de l'Escaut
appelé la Rhonelle, qui forme un sillon assez profond allant
sensiblement de l'Est à l'Ouest pour se jeter dans le fleuve
de Valenciennes.
A trois kilomètres au Sud de la ville, un autre affluent de l'Escaut,
l'Ecaillon, suit une direction parallèle à la Rhonelle
au fond d'un vallon semblable à celui de cet affluent.
Les deux rivières prennent leur source dans la forêt de
Mormal distante de quatre kilomètres de la ville.
Afin de disposer d'eau en toutes saisons, l'on fut très tôt
amené à les accumuler l'hiver, aux environs de la ville,
dans des étangs artificiels dont l'un subsiste sous le nom actuel
d'Etang du Pont Rouge.
Les eaux nécessaires à la protection du château
étaient primitivement recueillies dans un creux de terrain formant
l'Etang du Gard. Cet étang se trouvait au Sud de la ville, non
loin de la Caserne Cernay dans les parties basses des fortifications.
La construction de fortifications sérieuses autour de la ville,
réduisit l'importance du château au point de vue de la
défense et rendit disponibles les eaux qu'il utilisait. Celles-ci
reçurent un nouvel emploi, car l'on songea tout de suite à
les faire courir autour des remparts où on les rassemblait pour
former l'étang Saint-Martin, l'étang du fer à cheval
et l'étang du Gard, ce dernier le plus important. Ces étangs
étaient mal placés, aussi furent-ils remplacés
par trois étangs créés successivement près
du faubourg Fauroeulx en élevant des barrages à des endroits
appropriés. Les étangs nouveaux se nommèrent :
Etang du Mayeur, Etang Neuf (actuellement Etang du pont rouge) et Etang
d'Aulnoit (n'existe plus). L'élévation des eaux y était
obtenue par le rehaussement de la chaussée de Landrecies dont
on peut encore voir les parties maçonnées, formant digue,
non loin de la porte actuelle dite de Landrecies. Quant aux eaux en
excédent des besoins, une vanne casematée située
dans le chemin couvert de la place à l'Ouest, en permet encore
l'écoulement par une conduite souterraine en maçonnerie
longue de deux à trois cents mètres.
Les étangs constituèrent longtemps le principal revenu
des Gouverneurs du Quesnoy, puis de la ville. Comme ils ne reçoivent
que des eaux de sources ne renfermant aucun poisson, le Gouverneur devait
les peupler à ses frais. De temps à autre on vidait les
étangs pour en vendre les poissons, comme cela se pratique encore
dans certaines régions de la France.
Le
Château du Quesnoy
Le
château construit par Bauduin IV l'Edifieur, Comte de Hainaut,
constitua le noyau des fortifications de la ville. Edifié en
1150 sur la Motte de Noflus, son emplacement est bien connu et quelques
parties de murailles en subsistent à la Caserne Cernay. Le château
servit de résidence aux Comtes et Comtesses du Hainaut et fut
le douaire des princesses de ce pays. Il était entouré
d'un fossé; les bâtiments étaient dominés
par une forte tour et l'ensemble constituait une véritable forteresse
comme il était d'usage au moyen âge pour les maisons de
plaisance. Il servait de réduit aux premières fortifications
de la ville. On l'appelait courament l'EcritoireCe qui justifiait ces appelations, c'était la position du château au milieu des eaux noires de son large fossé..
Une haute et mince tour destinée au guet était appelée
la plumeCe qui justifiait ces appelations, c'était la position du château au milieu des eaux noires de son large fossé.
( elle fut élevée en 1569 et détruite en 1768 par
un ouragan); elle surmontait les bâtiments et la grosse tour.
Le château servit par la suite de demeure
aux gouverneurs du Quesnoy; on l'appela alors le Gouvernement. Il refermait
plusieurs étages de souterrains, encore existants, dont les parois
étaient surtout construites en grès. Ces souterrains servirent
de prison d'Etat, puis on y logea des poudres. Le rez-de-chaussée
de la tour fut utilisé un moment comme prison pour les délits
ordinaires. Sous la tour du guet se trouvaient des souterrains appelés
marcottières du nom patois de fouines, petits
mammifères qui vivent dans des terriers. L'on prétend
qu'il fut touvé des squelettes à une certaine époque.
Le château fut restauré en 1625. En 1807, le Génie
démolit cet édifice qui avait échappé assez
miraculeusement lors des sièges de la ville malgré sa hauteur.
La démolition fut continuée au cours des années
1808 et 1809. Après la dernière guerre différents
bâtiments provenant du château furent encore rasés.
Notons qu'au XVIIIe siècle, le château comportait un corps
de garde, une salle aux armes, la tour de guet, la basse cour transformée
ensuite en caserne et surtout les bâtiments réservés
au Gouverneur. Un parc s'étendait jusqu'aux remparts et jusqu'à
la rue Saint-François. Ce parc constituait le dernier vestige
du bois du Gard.
Les
fortifications de la ville avant Charles Quint
Les
premiers ouvrages défensifs du Quesnoy ont été
établis par les Comtes de Hainaut. Ils consistaient, suivant
les procédés en usage à l'époque, en murs
renforcés de tour comme en construisaient les Romains et que
les Mérovingiens modifièrent quelque peu. Les murs étaient
crénelés à leur partie supérieure pour permettre
aux défenseurs de lancer des traits en s'abritant derrières
des merlons. Les tours constituaient les parties les plus puissantes,
leur partie supérieure était terrassée pour recevoir
des machines de guerre (balistes, catapultes, etc...) destinées
à lancer des projectiles sur les assaillants. En avant des murs
et des tours se trouvait un fossé.
Dans
l'histoire de la ville , l'on ne trouve pas trace d'une modification
importante de la cité au cours des siècles et l'assiette
de la ville actuelle coïncide très sensiblement avec celle
de la ville des Comtes de Hainaut.
L'on ne fait pas non plus mention de déplacement de murailles.
Celles-ci ont fait seulement l'objet de réparations nécessitées
par les assauts subis ou les détériorations résultant
des intempéries. C'est ainsi qu'en 1477, après la prise
de la ville par Louis XI, l'on dut reboucher les brèches qui
avaient été faites par son artillerie.
Il semble donc naturel de conclure que le tracé des remparts
actuels, sauf pour quelques parties, est celui que Bauduin IV a donné
à la ville lors de sa fondation.
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Sources : "Vauban & la fortification du Quesnoy au XVIIè siècle", de Bernard Debrabant
"Le Quesnoy, L'archétype du Hainaut", de Bruno Carpentier